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L’invitation de la Banalyse

Projet de journée d’études


En juin 1982, Pierre Bazantay et Yves Hélias envoyaient à une trentaine de personnes une lettre d’invitation les conviant au « Congrès ordinaire de Banalyse » qui se tiendrait quelques semaines plus tard à la halte ferroviaire des Fades (Puy-de-Dôme). Les congressistes étaient conviés, « au risque de l’ennui » prévenait la lettre, à une observation du banal.

C’est le premier acte de la Banalyse, mouvement artistique visionnaire pour les uns, dernière avant-garde pour les autres, qui se développerait sous diverses formes durant plus de 10 ans. Art sans œuvre et sans artistes, fondé sur le protocole et l’intelligence de l’ordinaire, il se veut d’abord pratique collective. Par ses formes, il résonne avec les mouvements artistiques du XXe siècle – des ready-made de Duchamp aux déambulations situationnistes en passant par les happening de Kaprow – tout en reformulant de façon déterminante les enjeux des pratiques performatives et les questions de la performativité, de l’action collective, de l’institution, du rapport de l’art au réel, de la dissolution de l’œuvre dans une pratique à la fois inattendue et banale, de l’ordinaire et du quotidien comme paradigmes esthétiques ou des traces et archives d’une action artistique.
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Les Fades à l’époque (la halte facultative de la SNCF, l’hôtel de la Gare et le viaduc) – Source : le jeu de la règle

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Alors que des archives de la Banalyse paraitront en 2015 aux éditions caennaises Le Jeu de la règle, trente ans après la fondation des Cahiers de Banalyse et grâce au travail sur ce fonds d’archives mené par Marie-Liesse Clavreul et Thierry Kerserho effectué dans le cadre de La Caravane d’inventions institutionnelles, cette journée d’études se propose d’interroger la proposition adressée par Les Cahiers de Banalyse à quelques personnes en juin 1982. Celle-ci ne pouvant pas être, à l’évidence, analysée avec les seuls outils de l’esthétique, la lettre d’invitation sera soumise à des chercheurs d’horizons, de disciplines diverses. Les enjeux de cette journée portent ainsi autant sur le renouvellement nécessaire des modèles théoriques pour penser l’œuvre d’art contemporaine dans son rapport au réel, au collectif, à la participation et au politique notamment – renouvellement dont il sera alors affirmé la transdisciplinarité essentielle – que sur l’idée d’invitation et de correspondance en art et sur la question de l’analyse des archives littéraires d’une pratique performative.

  • Organisation : Eric Vautrin (UCBN), avec Stéphane Corbin (UCBN) et Thierry Kerserho (Le Jeu de la Règle)